Sujet à polémique, le vodoun est souvent présenté par ses détracteurs dans l’opinion comme étant une représentation du diable ou d’un ensemble de forces ou de pratiques maléfiques. Qu’en est-il réellement ? L’existence du vodoun est-elle un mythe ou une réalité. Comment les adeptes du vodoun le conçoivent-ils ? Quelles en sont les composantes ? Nous vous proposons à travers cet article une immersion dans la réalité du vodoun.

La quintessence du Vodoun

Le professeur Dodji Amouzounvi, socio anthropologue et directeur du laboratoire d’analyse et de recherche religion espace développement (LARED) explique que le vodoun n’est ni une culture ni une religion et encore moins un système de pensées. Il explique : « Le vodoun est l’entité première, la déité, la cause causante, donc Dieu ». Le vodoun en tant que divinité suprême a donc engendré la religion du voudounisme devenu une culture, un art de vivre et un courant de pensée et une religion. Le vodoun comme religion est un ensemble de pratiques consistant à vouer un culte à Mawu-lissa, le dieu suprême au-dessus de tout un panthéon. Historiquement, les origines du vodoun remontent au XVIIe siècle dans le royaume du Danhomè l’actuel Bénin où le vodoun est célébré chaque 10 janvier.

Les divinités du panthéon vodoun

Le panthéon vodoun se constitue autour des quatre entités divinatoires que sont la terre, l’eau, l’air et le feu. Ce sont des puissances immatérielles qui constituent un ensemble hiérarchisé avec de nombreux adeptes qui les vénèrent et leur consacrent toute leur existence. Au nombre de ces divinités on peut citer le Gou déité du feu qui personnifie la justice et l’harmonie et représente la dualité du bien et du mal. Le vodoun Heviosso déité du haut, il représente la manifestation de la foudre. On peut également évoquer le vodoun Sakpata déité de la terre, le plus réputé du panthéon vodoun et le Dan matérialisé par le serpent qui symbolise la continuité de la vie, la grâce et la félicité.